Les porte-avions Clemenceau et Foch


En 1949 la France et sa Marine en particulier souhaitait disposer de quatre porte-avions de 20 000 tonnes, afin de pouvoir maintenir constamment à la mer deux de ces bâtiments, le nombre de ces unités fut même porté à six, lors des discussions sur le projet des forces navales en Août 1949 par l'Etat Major de la Marine Nationale, ce nombre peut paraître aujourd'hui totalement décalé, mais il faut savoir qu'à cette époque la France devait pouvoir fournir à l'OTAN en cas de conflit majeur (ndlr : attaque Soviétique majeur) un porte-avions au jour J, deux à J +30 et enfin trois porte-avions à J +180.

En 1953, la France dut se rendre à l'évidence, elle n'avait pas les moyens d'aligner autant de bâtiments de cette classe, elle budgèta donc seulement deux unités, le PA54 Clemenceau dont la construction débuta en 1955 aux chantiers navals de la DCN à l'Arsenal de Brest, un sister-ship, le Foch, fut budgété en 1955 pour être mis en chantier en 1957.
Ce programme permit alors à la France de disposer de trois porte-avions.
Le Clemenceau fut lancé le 21 Décembre 1957, il devint le R-98 dans la nomenclature de la Marine Nationale et, fut admis au service actif le 22 Novembre 1961, c'est également à cette date qu'il quitta Brest pour rallier Toulon qui devint son port d'attache.
Le "Clem' " (comme on aime à le nommer) devient le sixième porte-avions à entrer en service dans la marine Française, il fut également le deuxième à être construit en France (le premier étant le Béarn), avec son sister-ship le Foch, la France acquit également des compétences dans la construction de ce type de navire qui malheureusement ne donneront pas de suite, puisque la France ne remettra en chantier un porte-avions qu'à l'aube des années 90 avec le PAN Charles de Gaulle.

Durant sa carrière opérationnelle, le R-98 a sillonné toutes les mers et les océans du globe, qui donnent quelques chiffres:
48 tours du globe.
3 125 jours de mer.
70 000 catapultages.

Le Clem' participa également à plusieurs opérations majeures de maintien de la paix :
Opérations Saphir I et II en 1974 et 1977 en Océan Indien lors de l'indépendance de Djibouti
Opération Olifant au large du Liban en 1982/84.
Opération Prométhée en océan Indien et en mer d'Oman, durant le conflit Iran-Irak en 1987/88.
Opération Salamandre en mer Rouge et mer d'Arabie lors de l'opération de libération du Koweit après son invasion par les troupes Irakiennes en 1990.
Opération Balbuzard/Salamandre en Adriatique lors du conflit Yougoslave en 1993/96.

Le Clemenceau fut retiré du service le 1er Octobre 1997.
Après un séjour à Brest où le Clem' servit de magasin de pièces détachées pour le Foch et le Charles de Gaulle.
Il attendit son démantèlement, le navire fut un temps promis à un chantier turc, pour être ensuite vendu à un chantier indien, la coque Q-790 entama alors un rocambolesque périple où, arrivée à quelques milliers de nautiques de sa destination, il fit demi-tour pour retourner vers le port de Brest, le chantier Indien ayant été jugé inadapté au retraitement de l'amiante contenu dans ses coursives. Après d'énième tractations, c'est finalement chez Able UK au pays de Galles au Royaume-Uni que sera démantelé l'ex-Clemenceau.


Le Foch, dont la construction a débuté le 7 Octobre 1957, fut officiellement lancé le 23 juillet 1960 et, il fut immatriculé par la Marine Nationale R-99 Foch.
Ce bâtiment était le troisième de ce type construit par les chantiers navals en France, construit à St Nazaire le Foch rejoignit ensuite Toulon qui devint son port d'attache au coté du R-98 Clémenceau.
Le porte-avions Foch participa à plusieurs opérations majeures de maintien de la paix :
Opération Saphir II en 1978, en Océan Indien lors de l'indépendance de Djibouti.
Opération Olifant,au large du Liban en 1982.
Opérations Balbuzard, Salamandre et Trident, de 1993 à 1999, en l'Adriatique dans le cadre du soutien de la FORPRONU en ex-Yougoslavie.

Après avoir servi durant 37 ans au sein de la Marine Nationale, le porte-avions Foch fut vendu le 15 Novembre 2000 à la Marine brésilienne. Il fut alors rebaptisé A-12 Sao Paulo.
Le Sao-Paulo a reprit le service à la mer à la suite d'une remise à niveau aux chantiers navals Brésiliens de Rio de Janeiro.

Les Clémenceau et Foch en chiffres:

Longueur: 265 mètres
Pont d'envol: 259 mètres de long (surface 8 800 m²) Piste oblique inclinée à 8° de 165,5 x 29,5 m.
Largeur du pont d'envol: 35 mètres.
Piste axiale: 93 x 28 m.
Tirant d'eau en charge: 8,60 mètres
Déplacement: 32 500 tonnes
Capacités: 3 600 tonnes de fuel ; 3 000 m³ de carburéacteur ; 1 300 tonnes de munitions
Distance franchissable: 7 500 nautiques à 18 noeuds.

Clemenceau Armement:
Avant 1985 :
8x canons de 100 mm Modèle 1953
5x mitrailleuses Browning M2 12,7 mm

Après 1985:
4 canons de 100 mm Modèle 1953
2x SACP Crotale EDIR (52 missiles)
5x mitrailleuses Browning M2 12,7 mm

Appareils:
15x Super Etendard
4x Etendard IVP
8x Crusader F-8E(fn) puis F-8P
8x Bréguet Alizé
2x hélicoptères Alouette III puis Dauphin pour assurer le rôle de Pedro
2x hélicoptères Super Frelon.

Installations aéronautiques:
-Hangar d'une surface de 3 300 m².
-2 ascenseurs de 16 x 12 mètres, d'une capacité de 15 tonnes.
-2 catapultes à vapeur Mitchell-Brown de 50 m type BS 5 d'une capacité de catapultage maximum de 15 tonnes à 150 noeuds.
-1 miroir d'appontage avec optique française type OP 3. Système optronique d'aide à l'appontage.
-4 brins d'arrêt
-1 grue de 15 tonnes.

équipage: 1 920 marins dont 582 personnels aéronavals

Propulsion et énergie:
6x chaudières Indret et 4x turbines à vapeur entraînant 2 lignes d'arbres délivrant 126 000 cv
2x turbo-alternateurs (2000 kW)
6x diesel-alternateurs (2000 kW)

Vitesse maximale: 32 noeuds

Détection:
Système automatisé d'Exploitation Navale des Informations Tactiques (SENIT 2).
-1 radar de veille air DRBV-23B
-1 radar de veille surface-air (basse altitude) DRBV-50 (puis par la suite par un surface-air DRBV-15)
-1 radar d'approche NRBA-50
-1 radar de veille air tridimensionnelle DRBI-10
-radars de conduite de tir DRBC-31 (puis DRBC-32C)
-radars de navigation DRBN-34
Guerre électronique :
-détecteur de radar ARBR-16
-1 détecteur de radar ARBR-17
-2 x lance-leurres électromagnétique et infrarouge Sagaie


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