Le cockpit du F-8 Crusader


Le cockpit du F-8 Crusader peut être séparé en trois zones, latérale gauche et droite et avant.
L'accès à celui-ci se fait grace à trois marchepied intégré dans le fuselage du F-8, celui situé en partie basse étant constitué de deux tubes rétractables qui permettent d'en abaisser le niveau.
La verrière était articulée sur deux axes et son ouverture était assurée par un vérin hydro-pneumatique en circuit fermé. La masse de la verrière contribuant à la séquence d'éjection, une sangle de maintien en tissu était mise en place sur le coté droit lorsqu'elle était ouverte, afin de prévenir tout risque de rupture des axes de fixation en cas de vent soutenu ou en rafale.

F-8 Crusader La verrière du F-8 Crusader était elle aussi de conception classique avec une structure periphérique en alliage d'aluminium, composé d'une face interne et externe dans lesquels venait se fixer une plaque de plexiglas translucide préformé.
Elle était articulée sur sa partie arrière autour de deux axes, qui disposaient de réglages excentriques permettant de régler la verrière et son étanchéité sur trois axes (latéral, axial et en hauteur).
La pressurisation était assuré par un joint gonflable placé sur toute la périphérie du montant de la verrière. Le gonflage de ce joint était assuré par le système de pressurisation, qui assurait également celui du cockpit. La pressurisation du cockpit ainsi que sa climatisation se faisait par des orifices placés à la base des vitres fontrales gauche et droite, et sur les deux cotés de la verrière.
En cas de défaillance du système de pressurisation, une trappe situé sur le coté droit du cockpit pouvait être ouverte à l'aide d'une molette, permettant ainsi de renouveler l'air dans l'habitacle.
Le verrouillage de la verrière était assuré par quatre crochets (deux sur chaque coté). Ce dernier était manuel, tout comme l'abaissement de la verrière. L'ouverture était assisté grâce à la pression de l'accumulateur et du verin hydraulique de verrière placés sur le plateau arrière du cockpit.
La commande de verrouillage/déverrouillage était assuré depuis l'extérieur par une poignée placé juste sous la verrière sur le coté gauche. Dans le cockpit cette poignée se trouvait sur le coté droit et était rétractable pour ne pas entraver les actions du pilote.
La séquence d'éjection du siège du F-8 Crusader intégrant l'éjection de la verrière, en cas d'urgence, celle-ci pouvait être déclenchée au sol de manière séparée.
Placé de chaque coté du cockpit, deux panneaux à ouverture rapide permettaient d'accéder à une poignée avec un cable qui provoquait la percussion de la cartouche du canon d'éjection verrière. Cette action venait agir directement sur le vérin d'ouverture en agissant directement sur le compas de commande des quatre crochets de verrouillage. A noter, que le pilote disposait d'une poignée dans le cockpit permettant cette action (placée en haut de la casquette avant gauche du cockpit), mais cette dernière était plutôt dédiée à une action "secours", en cas de défaillance dans la séquence automatique d'éjection en vol.

F-8 Crusader
F-8 Crusader
F-8 Crusader Bien que variant d'une version à une autre, d'une manière générale l'aménagement du cockpit du F-8 Crusader peut être décrit ainsi:
La zone latérale gauche où l'on trouve les éléments nécessaire à la gestion des commandes de vols, comme la manette des gaz, la commande d'incidence voilure et celle du train d'atterrissage.
Egalement présent sur ce coté du cockpit, on trouvera les interrupteurs pour engager les trims en normal et secours, celui de l'alimentation électrique, de la pompe carburant principale. Tous doublés de leurs commandes secours. A l'arrière de cette planche de bord se trouve l'ensemble de gestion de gonflage de la combinaison anti-g du pilote avec ses connecteurs et son clapet de commande.
La manette des gaz regroupait aussi d'autres fonctions. L'interrupteur d'aérofrein, la commande des becs de croisière, la commande du micro de casque.
Cette zone latérale gauche disposait aussi des commandes pour la gestion des combinaisons de vol étanches de haute altitude, présentes et employés uniquement sur les premières versions du F-8 Crusader, ces aménagements seront peu à peu supprimés ou désactivés.

La zone latérale droite regroupe quant à elle, les commandes radio, navigation, d'éclairage du cockpit et des feux de navigation et la commande de repliage des demi-plans ainsi que celle de manoeuvre de la crosse d'appontage.

F-8 Crusader
La partie frontale du cockpit regroupe tous les instruments de bord et, elle est classique des appareils de la fin des années 1950, début des années 1960. Le collimateur tête haute n'existant pas à l'époque, la répartition des instruments de bord est fait selon leur degré d'importance.
Le cockpit du F-8 peut apparaitre obsolète au regard de sa période de service, 1957 pour le F-8A à 1999 pour les F-8P français, mais lors de sa mise en service, l'armement principal restait le canon. Le missile n'en était qu'à ses débuts, tout comme l'électronique embarquée. il est donc agencé pour répondre au mieux à l'emploi de son armement de bord.
En partie haute, devant la vitre frontale se situe le collimateur qui n'affiche qu'un viseur à réflexion à peine plus évolué que ceux de la guerre de Corée ou de la WWII.
L'horizon artificiel principal est placé juste en dessous du scope radar, à partir du F-8B, la version A étant dépourvu de radar. Sur cette première version, cet emplacement était occupé par le sélecteur armement.
Tout autour de l'horizon artificiel se trouve les instruments nécessaire au vol comme le variomètre, le TACAN, l'altimètre.
La partie gauche de la planche frontale regroupe tous les indicateurs moteur, comme celui de la T7, de pressure ratio, de débit carburant ou de puissance moteur (en %), les voyants d'alerte et de panne, ou encore la commande de canne de ravitaillement.
La partie droite regroupe les indicateurs de pression hydraulique, d'oxygéne, l'accéléromètre et aussi sur les F-8E(fn) un horizon secours (alimenté par une batterie indépendante).
En partie basse centrale de cette zone se trouve la panneau armement avec le sélecteur d'arme, l'interrupteur général d'armement, sauf sur la version F-8A qui dispose d'un indicateur de distance et de site et d'azimut de la cible à cet emplacement.

F-8 Crusader Le manche du F-8 Crusader était de type classique, placé entre les jambes du pilote, il est équipé de deux molettes pour le réglage des trims de roulis et de tangage, d'un interrupteur pour engager/désengager le pilote automatique, de la gachette de tir et de l'interrupteur de déverrouillage de rotation de la roulette de nez. Cette dernière en association avec les palonniers permettait ainsi au pilote d'augmenter le débattement à 60° de part et d'autre de l'axe au lieu de 30°.
Les premières versions disposaient d'un manche simple, mais à compter du F-8D/AN-APQ-83, elles disposèrent d'un manche double, commande de vol et radar.
Placé devant la poignée de commande de vol, le manche radar permettait la manoeuvre de l'antenne de ce dernier. En position de repos, un loquet placé à la base de ce manche permettait son verrouillage.
Lors de l'emploi du radar, le pilote du F-8 devait focaliser son attention sur le scope et la manoeuvre de l'antenne, la gestion du vol étant confié au pilote automatique où par défaut avec un réglage "très fin" des trims sur les trois axes.

Lorsque le F-8 Crusader entra en service, la conception des cockpits répondaient à la doctrine des avions de chasse de l'époque, à savoir le combat à vue.
Ce concept du combat aérien faisait encore largement appel à la doctrine de "celui qui est le plus haut emporte l'avantage". Concept qui, lorsqu'on analyse le cockpit du F-8, n'est pas sans défaut et, qui se révèlera d'ailleurs obsolète avec le conflit Vietnamien, où les défenses sol-air avaient pris le dessus, notamment avec le missile SA-2 Guideline, obligeant les pilotes de l'US Navy à développer une tactique d'approche de combat air-air en vol très basse altitude pour remonter au dernier moment sur leur cible, les MiGs, une fois placé dans leurs 6h basses.

Comme de nombreux avions américain de cette période, l'espace à l'intérieur de ce dernier était relativement vaste, permettant une certaine aisance de mouvement. Mais c'était bien là un des rares avantages du cockpit du F-8.
En effet, la vision vers l'avant et périphérique du pilote était assez mauvaise.
La vision frontale était largement entravée par le collimateur qui occupait tout l'espace de la glace frontale, la vision frontale gauche était sans doute la plus importante de ce secteur car elle permettait au pilote de suivre les indication du miroir d'appontage. La vision frontale droite resta assez bonne sur les premières versions, tant que la ciné-mitrailleuse ne fut pas installée au dessus de la casquette du cockpit avec une prise de vue par le collimateur. Les premiers F-8 US furent dotés de caméra de tir placé dans la partie basse de la pointe radar ou, sur certains F-8 modernisés dans le bulbe frontal de la canne de ravitaillement. Cette zone de vision fut presque totalement occulté sur les F-8E(fn) avec la caméra de tir et le compas magnétique, puis plus tard avec le boitier GPS des F-8E modernisé en 1987/88, précurseur des F-8P. Ces F-8E(fn) disposaient également d'une nouvelle radio VHF
La vision latérale était relativement bonne du fait de l'aile haute du F-8 et du cockpit placé très avant sur le fuselage.
Le secteur arrière avait été complètement négligé dès la conception du F-8. Le pilote ne disposait pour cela que de trois miroirs placés à 90 et 45° autour de l'arc avant de la verrière. Ce point sera mis en évidence durant les combats du Vietnam par les pilotes de F-8, qui étaient obligés de faire "déraper" leur Crusader pour couvrir visuellement leur secteur arrière. Manoeuvre d'autant plus contraignante quand le dit secteur abritait un MiG.
Le pilote disposait de deux réglages pour avoir la meilleure position à bord. Le siège éjectable Martin-Baker était équipé d'un moteur électrique qui permettait un réglage en hauteur et, les palonniers pouvaient s'ajuster grace à une manivelle.

F-8 Crusader F-8 Crusader F-8 Crusader












Avec les différentes évolutions du F-8, les planches de bord du F-8 devinrent de plus en plus encombrées.
Les premières modifications intervinrent avec la mise en place des scopes radar de plus en plus volumineux, abaissant le positionnement des intruments de bord.
Les boitiers ECM suivirent, sur les versions modernisées, en venant se placer sur les planches latérales.
L'apogée de l'encombrement du cockpit fut atteinte avec le F-8P qui intégra l'indicateur du SHERLOCK, le GPS, les commandes de gestion de tir des MAGIC II, qui imposèrent une redistribution complète des instruments de bord, et une occultation importante de la vision frontale droite pour le pilote.

Pour être complet sur la disposition et l'encombrement du cockpit des F-8 Crusader, il faut évoquer les boitiers de commande complémentaires pour les DF-8A, DF-8F et F-8E(fn)/DELMAR qui venaient se placer sur la partie latérale droite du cockpit.
Sur les versions de reconnaissance RF-8, le collimateur et le scope radar était remplacé par un écran qui renvoyait l'image de la caméra frontale au pilote et, le panneau armement était remplacé par le celui de gestion des caméras.


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