Matra R530C

Matra 530 IR
Caractéristiques du R530C

Longueur: 3,28 m
Diamètre: 0,263 m
Envergure: 1,1 m
Masse au lancement: 196 kg

Motorisation: moteur-fusée Hotchkiss-Brandt/SNPE Antoinette de 83.3 kN pendant 2.7 sec puis 6.5 sec de fonctionnement en croisière.
Carburant: propergol solide -plastolite puis isolite à partir de 1970- à deux niveaux de poussée
Vitesse: Mach 2,7
Portée minimum: 1,2 km
Portée maximum: 20 km
Portée maximum en tir frontal: 10 km
Enveloppe de tir en altitude: 3 000 m à 18 000 m
Différentiel d'altitude maximum avec la cible: 3 000 m
Charge militaire: 30 kg avec fusée de proximité et d'impact
Guidage: radar semi-actif AD-26C / autodirecteur infrarouge SAT-3501 en bande 2
Débattement de la tête de visée: +/- 45°
Capacité de tir: tous secteurs jour et nuit sauf +/- 5° en direction du soleil


Le missile R530 fut développé à partir de Septembre 1958 selon la directive AA-26 à partir des missiles air-air R510 et R511, qui étaient à guidage infrarouge pour le premier et à guidage radar semi-actif pour le second.

Ce missile air-air avait une tête de visée interchangeable. Le R530 pouvait avoir un guidage infrarouge ou radar semi-actif.
La stabilité en vol était assurée par une voilure en croix composée de quatre ailes delta, le contrôle en vol se faisant avec quatre ailerons situés à l'arrière du missile.

Sélectionné définitivement en 1959, le R530 entra en service au sein de l'Armée de l'Air en Avril 1964 où il équipa les Mirage IIIC.
Ce missile air-air moyenne portée fut fabriqué jusqu'à la fin des années 1970, avant d'être remplacé par les Matra Super 530F.

Lorsqu'elle émit son cahier des charges pour l'achat des F-8 Crusader, l'Aéronautique Navale avait inclu la capacité de tir du R530.
Les F-8E(fn) furent donc spécialement équipés avec le radar AN/APQ-104 qui avait été modifié à cet effet.
Après des essais aux USA, les Crusader effectuèrent une campagne de tests à leur arrivée en France pour valider ce missile.

Matra 530 EM Le détachement de la C.E.P.A. destiné à adapter le missile Matra 530 au Crusader, le DEM 530, fut créé le 13 Janvier 1965 à Istres sous la direction du LV Le Pichon, assisté des LV Benoist et Ruellan.
Ils furent vite entourés d'une cohorte de civils du CEV et des sociétés directement intéressées par ces essais d'adaptations, ainsi qu'une vingtaine d'officiers mariniers et d'un ingénieur Marine, le LV Levourch.
Le but de ce détachement était de qualifier les missiles Matra R530, tant en autodirecteur IR que EM, les ouvertures de domaine avaient déjà été faites aux Etats-Unis à China Lake au printemps 1964 avec le pilote d'essais John D. Omvig .

Ce furent les Crusader 14 et 15, convoyés de Lann-Bihoué à Istres le 26 Janvier 1965, qui furent utilisés pour ces essais.
Le premier vol d'emport de ce qui n'était encore qu'une maquette de Matra 530 en version EM eut lieu le 9 Mars 1964.
De nombreux autres vols furent réalisés sous la houlette du CEV jusqu'au mois de Mai, les cibles d'entraînements étaient soit le second Crusader, soit un Gloster Meteor du CEV.

Dans le même temps, une équipe de Dassault Electronique (EMD) effectua des essais d'intégration de l'auto-directeur semi-actif AD-26 du R-530, qui fonctionnait en bande X avec un scanning mécanique. L'AN/APQ-104 nécessitait en effet d'adapter l'auto-directeur du missile Matra qui était conçu pour fonctionner avec le radar Cyrano des Mirage. L'AD-26 du R-530 fut donc entièrement revu, en particulier sur les séquences d'accrochages radar, et fut redésigné AD-26C (C pour Crusader).
Afin de permettre au R-530 de communiquer avec l'APQ-104, Dassault Electronique effectua une refonte complète du coffret d'harmonisation du Crusader qui donnait le signal d'accrochage radar.
Des ingénieurs de Dassault partirent donc chez Chance-Vought pour valider les modifications de l'AD-26C, et vérifier la bonne intégration du coffret dans la soute électronique du F-8E(fn).
Ainsi équipé de son nouvel auto-directeur, le missile de Matra prit la dénomination de R-530C.

Cette version du R-530 dédié au F-8 Crusader avait également une autre particularité, il pouvait être tiré en salve sur une cible, par le travers ou en attaque frontale.

Le DEM 530 participa aux premiers appontages du nouveau chasseur de l'Aéronautique Navale sur le Clemenceau, du 28 Avril au 6 Mai 1964, qualifiant ainsi le missile aux contraintes liée à un P.A.
Ces qualifications se déroulèrent parfaitement tant pour les quatre Crusader qui effectuèrent quatre-vingt-dix appontages que pour ses systèmes d'armes.
La satisfaction fut totale du côté des équipements de Matra qui n'eurent plus que les tirs à Colomb-Béchar à effectuer du 18 au 23 Mai 1965.
Des essais furent faits avec des R-530 IR (infrarouge) pour la validation de tir de cette version du Matra. Ce dernier ne fut cependant en service au sein de l'Aéronavale que jusqu'au début des anées 1970, mais ne fut pratiquement jamais mis en oeuvre, en raison du reconditionnement complexe du circuit d'azote liquide servant au refroidissement de la tête du missile.

Deux autres points méritent d'être évoqués à propos de ce missile et du Crusader.

Matra 530 EM Le premier est à propos des protections thermiques des gouvernes de profondeur sur les F-8 Crusader.
Les R530C occupaient le même point d'emport que les missiles Sidewinder et R-550 Magic soit le long du fuselage du F-8E.
Comme beaucoup de missiles, le R530 effectuait sa mise à feu avant le largage, les gouvernes de profondeur étaient soumises à une forte élévation de température et aux effets des gaz corrosifs du moteur-fusée.
Afin de protéger l'extrados et l'intrados des gouvernes, des toles en titane recouvraient le premier quart intérieur de la surface des gouvernes ainsi que sur le bord d'attaque.

Le second point concerne la procédure de tir du R530C.
Le F-8E ayant une imposante entrée d'air frontale, lors du tir d'un R530C, le réacteur pouvait ingérer une grande partie des gaz émis par le missile.
Afin d'éviter un arrêt du J-57, le pilote enclenchait le commutateur "cont-ignit" juste avant et pendant la phase de départ du missile.
Ce commutateur commandait les bougies d'allumage et les injecteurs de démarrage dans les chambres de combustion, ainsi pendant le tir, si le reacteur venait à caler, la procédure d'allumage était déjà active et permettait un re-démarrage instantané.


Les Crusader français cessèrent d'utiliser de manière opérationnelle les R530C en 1980, après une année d'essais catastrophique où trois de ces missiles explosèrent après leurs tirs de manière inexpliquée. Les R-530C furent définitivement retirés de l'inventaire en 1991, après une dernière campagne de tir d'exercice en Mars de cette année à Cazaux. Les F-8 ne gardant dans leur arsenal que les missiles R-550 Magic I et II à guidage infrarouge.

Pour être complet sur ce missile, on peut également évoquer la version FZ pour l'Afrique du Sud et son utilisation par les Israëliens qui ont pu revendiquer quelques victoires lors d'affrontements avec des appareils egyptiens.


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