Le F-8 Crusader, la Royal Navy et ses autres exportations ratées


Le F-8F(rn), un Crusader sous licence anglaise:

En 1961, la Royal Navy chercha un remplaçant à ses Sea-Vixen. La solution sembla être trouvée avec un programe de chasseur développé conjointement avec la RAF, le P.1154.
Malheureusement pour l'industrie aéronautique et pour les armées anglaises, ce programme national fut abandonné.

L'Amirauté et le gouvernement britannique se mirent alors en quête d'une solution de remplacement.
Cette solution arriva au cours de la dernière semaine du mois de Novembre 1963, avec un accord signé entre deux avionneurs, l'anglais Short Bros & Hartland Ltd et l'américain Chance-Vought le tout autour de F-8 Crusader.
La version retenue s'articulait autour du TF-8A biplace, qui était profondément modifiée pour répondre aux besoins de la Royal Navy avec un équipage composé d'un pilote et d'un opérateur radar et armement.
La désignation retenue fut F-8F(rn), F8U2-T avant Septembre 1962, et pour Chance-Vought, ce F-8 biplace était le V-466.
Ce partenariat était le fruit d'une année de discussions, à la fois pour définir cette fabrication sous licence mais aussi, sur un volet plus politique, pour tenter de sauver la région de Belfast durement touchée par le chomage, où se trouvait les usines de l'avionneur Short Bros.
Ce programme avait d'ailleurs réellement suscité l'intérêt de la Royal Navy lors d'une campagne d'essais et d'évaluation de deux semaines, au début de l'année 1962, du TF-8A biplace au centre d'essais en vol de Boscombe Down. Durant cette quinzaine, une trentaine de pilotes anglais, de la RAF et de la Royal Navy, volèrent aux commandes de ce Crusader biplace.
F-8E Crusader
Cette fabrication sous licence de ce F-8 Crusader biplace par Short Bros. était conduite en grand partie par H.G. Conway et, s'articulait de manière assez simple.
Chance-Vought devait fabriquer la voilure et le fuselage en dehors de la pointe avant, qui serait fabriqué à Belfast par Short. Les accords prévoyaient en effet que les F-8 seraient dotés d'un armement, d'un radar, d'un cockpit et d'un moteur anglais.
Contrairement au TF-8A qui conservait le fuselage d'un F-8A et aussi, pour répondre aux besoins d'aménagement de la pointe avant et de son cockpit double en tandem, Short Bros. et Chance-Vought conçurent un fuselage rallongé d'une soixantaine de centimètres.
La voilure retenue pour le F-8F(rn) était la même que celle du F-8E(fn) en étant équipé de double becs de bord d'attaque et de la B.L.C. .
Short Bros. avait également développé une option permettant de remplacer l'équipement du cockpit arrière par un réservoir supplémentaire, afin de répondre aux spécifications émises par la RAF pour disposer d'un chasseur tout temps supersonique.

La motorisation du Crusader serait assurée par le Rolls-Royce Spey R.B.168-25R avec 9,07 tonnes de poussée avec post-combustion.
Avec ce réacteur plus puissant et plus économe que le Pratt & Whitney J-57, l'avionneur Short Bros. annonçait un rayon d'action supérieure de 20% à celui d'un F-8E.

F-8F(rn) Crusader Coté armement, la Royal Navy avait retenue le radar Ferranti Airpass I. Pour les missiles air-air, le choix se porta sur les missiles Red Top et Firestreak à guidage infrarouge. Par contre, les anglais n'avaient pas retenu les quatre canons Colt de 20 mm, en les remplaçant par deux canons ADEN de 30 mm.
Le fuselage et la voilure étant directement issue de la version F-8E, ce Crusader disposait de deux emports sous voilure qui pouvaient recevoir soit des missiles air-air (un par point d'emport) soit des armements plus conventionnels commes des bombes ou des roquettes.
Pour ce qui est des emports latéraux de fuselage, rien n'indique que la Royal Navy et Short Bros. avaient retenu les emports double comme sur les F-8D et E. En raison de la taille imposante des missiles à guidage infrarouge Firestreak et Red Top, comparés à l'AIM-9 Sidewinder, il est peu probable que les F-8F auraient pu être équipé avec ces points d'emports double.

Ce programme débutait avec de sérieux atouts, outre la fabrication sous licence, Short Bros. et le gouvernement anglais avaient obtenu l'autorisation de Chance-Vought de produire le F-8F pour des marchés à l'exportation.
F-4K Pahntom II L'estimation du coût unitaire du F-8F(rn) Crusader était d'un million de Dollar US (trois cents cinquante sept mille livres sterling) de 1963, soit bien moins que le F-4 Phantom II de McDonnell-Douglas.
De plus, le F-8F(rn) avait également l'avantage d'être plus adapté à la taille des porte-avions de la Royal Navy que l'imposant F-4 Phantom II.

Alors que tout les voyants étaient au vert pour laisser la place à la production des cinquante exemplaires souhaités par la Royal Navy, ce furent des manoeuvres de lobbing, comme souvent, qui mirent un terme au programme du F-8F(rn) Crusader, qui dût céder sa place au F-4K/FG.1 Phantom II.


L'espoir perdu avec la RFA:

Chance-Vought tenta de proposer son F-8 Crusader à l'armée de l'air de la République Fédérale d'Allemagne.
La version retenue fut celle du F-8D doté d'une capacité en carburant accrue et, avec une nouvelle motorisation assurée par le Général Electric J-79.
L'aventure germanique tourna court pour Chance-Vought qui était pour ce projet, il faut l'admettre, très mal placé, ce fut au final le Lockheed F-104 Starfighter qui fut choisi pour équiper les unités de la Luftwaffe.


Les F-8 libanais:

Lorsque les F-8A Crusader entrèrent en service, leur premier déploiement opérationnel se fit au large du Liban en 1958.
Ce fut sans doute à cette époque que le gouvernement de ce pays s'intéressa au F-8 Crusader.
A partir du 30 Juin 1964 des contacts furent noués avec Chance-Vought pour l'acquisition d'un lot de F-8A, mais ils restèrent sans suite.



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